Traitement Zamboni: un «dérapage médico-médiatique»

Publié le par Handi@dy

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Paule Vermot-Desroches

Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La théorie du docteur Paolo Zamboni sur le traitement de la sclérose en plaques est devenu, depuis les 18 derniers mois, le «plus gros dérapage médico-médiatique» depuis très longtemps. C'est du moins l'opinion du docteur Charles Guité, neurologue au CHRTR, qui prononçait mercredi midi une conférence sur ce sujet devant la communauté médicale du CHRTR.

Désirant réagir aux différents témoignages diffusés depuis plusieurs mois dans les médias, dont Le Nouvelliste, de malades ayant reçu le traitement et notant une nette amélioration de leur état physique, le docteur Guité a permis au Nouvelliste d'assister à cette conférence.

 

On se souviendra que le docteur Zamboni a causé une commotion dans le monde médical et chez les patients atteints de sclérose en plaques en novembre 2009, lorsque sa théorie a commencé à être médiatisée. Il soutient notamment que la sclérose en plaques serait causée par une obstruction des veines du cou et de la nuque, causant une accumulation de fer au cerveau et attaquant ainsi la myéline, causant la sclérose en plaques.

 

Or, explique le docteur Guité, aucune autre étude menée depuis ce temps partout dans le monde, dont en Allemagne, en Suède et aux Pays-Bas, n'a encore réussi à en arriver aux mêmes conclusions que celles du docteur Zamboni, soit que l'insuffisance veineuse céphalorachidienne chronique (IVCC) ait un lien avec la sclérose en plaques. Par ailleurs, la communauté médicale remet en doute la façon dont la méthodologie des recherches du docteur Zamboni a été faite.

 

Méthodologie

 

On note entre autres que les études menées par Zamboni en lien avec le traitement infligé aux patients n'ont pas été faites selon les règles de l'art, soit en utilisant aussi un échantillonnage de patients à qui on administrerait un placebo, et qu'il est donc impossible à ce jour de vérifier l'effet placebo sur les patients qui reviennent de l'étranger, après avoir subi une angioplastie, et qui remarquent des améliorations physiques majeures.

 

Charles Guité souligne également que les effets décrits par certains patients dans les médias ne sont parfois pas reliés aux symptômes de sclérose en plaques.

 

Une dame qui se confiait notamment sur les ondes d'un média national, en novembre 2009, disait ne plus avoir les pieds froids, ne plus ressentir de céphalée et de maux de dos. Des symptômes, soutient le docteur Guité, qui n'ont rien à voir avec la sclérose en plaques.

 

Par ailleurs, Paolo Zamboni a fait breveter une machine permettant de détecter les sténoses des vaisseaux sanguins selon sa méthodologie, mentionne le neurologue. Une machine qui coûte aujourd'hui près de 60 000 $ à se procurer.

 

Au cours de présentations publiques, le docteur Zamboni aurait aussi signalé que toute étude réalisée sur sa théorie sans l'utilisation de cette machine ne pouvait pas avoir de valeur. Il a d'ailleurs déjà prédit l'échec des sept grandes études canadiennes menées actuellement, étant donné qu'elles n'étaient pas menées selon sa procédure.

 

Pas que des «miraculés»

 

Mais alors, comment expliquer que plusieurs patients aient noté une nette amélioration physique après avoir subi le traitement? Le docteur Guité répond par une autre observation, voulant que les patients qui ont dépensé jusqu'à 15 000 $ pour aller à l'étranger et dont les résultats n'ont pas été convaincants ne s'en sont pas vantés dans les médias.

 

L'une de ses patientes qui a choisi de subir le traitement en est d'ailleurs à sa cinquième angioplastie en un an, ayant subi quatre échecs préalables. Une facture personnelle qui s'élèverait donc à 75 000 $.

 

Pour leur part, les neurologues disent se retrouver démunis devant un patient qui revient de l'étranger, qui a été traité selon cette méthode dont les études ne sont, pour le corps médical, pas convaincantes, et qui désirent un suivi médical. «Nous n'avons aucune idée du suivi de ces traitements-là, surtout si le patient s'est fait placer un stent vasculaire», fait remarquer Charles Guité.

 

Finalement, le traitement journalistique des différents témoignages de patients revenus de l'étranger sans tenir compte des données scientifiques, la puissance des réseaux sociaux, les quelques médecins qui tentent actuellement de profiter de la situation et les autorités gouvernementales qui laissent miroiter la possibilité de traitement sans accord de la communauté médicale ont, selon le docteur Guité, empiré ce qu'il qualifie du «plus gros dérapage médico-médiatique», à sa connaissance.

 

La communauté médicale attendra avec impatience les résultats des sept grandes études canadiennes menées actuellement sur l'IVCC, dont les résultats pourraient être connus dans un an."

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Annie 26/03/2011 01:01



ça donne vraiment à réfléchir ......


 



Handi@dy 26/03/2011 19:41



Oui!



christine 25/03/2011 23:26



J'espère que ces études permettront vraiment d'avancer et aider les patients qui attendent un traitement sérieux avec un protocole clair. On y croit !



Handi@dy 26/03/2011 19:43



J'y crois! Les ccsvistes ont oublié et vivement critiqué l'article!