Traitement de la sclérose en plaques : l'attention médiatique a été bénéfique pour les patients

Publié le par Handi@dy

"L’année 2010 a été bonne pour les patients atteints de sclérose en plaques, estiment la Société canadienne de la sclérose en plaques et un groupe de défense de personnes atteintes, qui se réjouissent qu’on ait davantage parlé de cette maladie dégénérative cette année, en plus d’avoir étudié un potentiel traitement.

Le médecin italien Paolo Zamboni a lancé ce controversé traitement l’an dernier. L’intervention en question, notamment connue sous le nom de traitement de « libération » de l’IVCC (l'insuffisance veineuse céphalorachidienne chronique), permet théoriquement de débloquer des veines du cou pour soulager les symptômes associés à cette maladie dégénérative.

La sclérose en plaques a toujours été considérée comme un trouble neurologique, mais le Dr Zamboni a quant à lui expliqué que certains des symptômes qui y sont associés pouvaient être causés par des veines bloquées du cou. Le traitement requiert par conséquent l’utilisation d’un mince tube métallique et la pratique d’une angioplastie afin de débloquer lesdites veines.

Dans la mire des médias et des politiciens

Un porte-parole de la Société canadienne de la sclérose en plaques affirme que l’attention médiatique et politique autour de la maladie cette année avait été bénéfique.

« L’objectif était toutefois de savoir si l’intervention dévoilée [en Italie] pouvait oui ou non traiter la sclérose en plaques, ce que nous avons pu à tout le moins étudier [cette année] », a indiqué un porte-parole de la Société, Stewart Wong.

« Tous les efforts que nous faisons afin d’approfondir notre compréhension de la sclérose en plaques sont des éléments positifs », a-t-il ajouté.

Rebecca Cooney, cofondatrice de MS Libération, un groupe de soutien pour les personnes atteintes de sclérose en plaques, à Ottawa, s’est dite frustrée de voir que l’angioplastie n’était toujours pas un traitement approuvé pour les patients atteints de cette maladie dégénérative, alors qu’elle l’est pourtant pour plusieurs autres problèmes médicaux.

Mme Cooney, elle-même atteinte de sclérose en plaques, s’est malgré tout réjouie de l’attention qu’a reçue la maladie en 2010 et parle même d’une « année incroyable ». « Le soutien de la population a été merveilleux, a-t-elle dit. Ce qui est étonnant aussi, c’est la couverture médiatique entourant la question. Chaque mois, il y avait des changements rapportés [par les médias]. »

Le traitement de libération n’est toujours pas approuvé au Canada, et ce, même si plusieurs provinces ainsi que la Société canadienne de la sclérose en plaques ont déboursé d’importantes sommes pour réaliser des études d’observation visant à savoir si les patients qui avaient reçu le traitement dans d’autres pays montraient des signes d’amélioration.

Des patients qui sont allés dans d’autres pays pour recevoir le traitement en question affirment avoir obtenu des résultats réels et immédiats.

Les symptômes de la sclérose en plaques peuvent inclure la fatigue extrême, des troubles de la parole et la paralysie, mais plusieurs des patients interrogés qui ont subi une angioplastie ont indiqué que leurs symptômes s’étaient estompés après la procédure et qu’ils avaient maintenant davantage d’énergie. Ils demandent donc au gouvernement fédéral d’approuver le traitement, et ce, même si les études n’ont pas toutes été complétées. Pour les patients atteints de cette maladie dégénérative, et dont les symptômes s’aggravent avec le temps, un traitement non testé ne présente pas vraiment de risques.

Des médecins de l’Institut canadien d’information sur la santé ont déclaré l’été dernier que des études préliminaires étaient selon eux nécessaires avant de mettre sur pied des essais cliniques. Outre les risques inhérents à toute intervention chirurgicale, il y a également des risques de coagulation. Le mince tube métallique utilisé lors d’une angioplastie pourrait aussi se déplacer trop loin dans les veines du patient, jusqu’à atteindre son cœur.

Un Canadien est décédé en octobre dernier à la suite de complications reliées à l’opération. La Société canadienne de sclérose en plaques a alors demandé au gouvernement de créer un registre des Canadiens ayant reçu le traitement à l’étranger, afin de s’assurer que les médecins effectuent un suivi de ces patients et veillent à ce qu’ils n’aient pas de complications médicales.

La couverture médiatique entourant le traitement de libération de l’IVCC devrait se poursuivre en 2011, notamment parce que la Société canadienne de la sclérose en plaques prévoit publier un rapport en lien avec les sept études qu’elle finance actuellement. Plus tôt ce mois-ci, le gouvernement de la Saskatchewan a rendu publique sa demande de proposition, selon laquelle la province s’engage, pour quelque 5 millions $, à effectuer des études cliniques sur l’intervention médicale.

Rebecca Cooney estime que de façon générale, les patients atteints de sclérose en plaques ont fait beaucoup de progrès en 2010, mais le Canada demeure malgré tout sur la mauvaise voie quant aux traitements associés à cette maladie dégénérative.

« Il n’existe pas de médicaments approuvés pour la sclérose en plaques progressive, alors pourquoi ne pas essayer [le traitement de libération de l’IVCC]? » a-t-elle demandé.

« Ces patients n’ont pas d’autres choix », a-t-elle conclu."

24hmontreal.canoe.ca/


 

 

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