Le sport : un traitement inédit de la sclérose en plaques.

Publié le par Handi@dy

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Musculation Crédits : mjcrodez@creativecommonsDepuis plus d’un siècle, on conseille aux malades atteints d’une sclérose en plaques (SEP) d’éviter tout exercice physique pour ne pas aggraver leur maladie. Des chercheurs danois ont prouvé, qu’au contraire, de l’exercice physique, même intense, soulage les malades.

Une étude de l’Université d’Aarhus, publiée dans le journal scientifique américain "Neurology", montre que l’exercice physique intense a un certain nombre d’effets positifs sur l’état général de santé des malades. En effet, après 12 semaines d’entrainement régulier, les malades atteints de la sclérose en plaque pouvaient marcher 12% plus vite et aller 15% plus loin. De plus, ils étaient capables de faire en moyenne 12% de pas en plus en montant un escalier, et de se lever 28% plus rapidement d’une chaise qu’avant leur entrainement. "La raison principale de cette amélioration est le renforcement de la musculature des jambes des patients durant l’entrainement" explique le responsable de la recherche, le physiologue du sport Ulrik Dalgas, du Département des Sciences Sportives, à l’Université d’Aarhus.

Fatigue réduite, amélioration de l’humeur

La fatigue est l’un des symptômes les plus courants pour les 9000 malades de la sclérose en plaques au Danemark. "Notre étude indique qu’un entrainement intensif est l’un des moyens les plus efficaces pour combattre la maladie, sans oublier que ce n’est pas un traitement médicamenteux", souligne Ulrik Dalgas. L’étude montre également une amélioration de l’humeur générale du patient, ainsi que de sa qualité de vie. "Cela provient probablement de l’augmentation de la mobilité observée pour les patients, mais aussi du fait que leur fatigue est réduite", suppose Ulrik Dalgas.

Un entrainement supportable

38 patients atteints de sclérose en plaque ont participé à l’étude. Ils ont été divisés de manière aléatoire en un groupe d’entrainement et un groupe témoin. Le groupe d’entrainement fit des exercices de musculation de leurs jambes deux fois par semaine pendant 12 semaines, alors que le groupe témoin ne changea rien à son mode de vie pendant cette même période. "L’exercice physique auquel furent soumis nos patients fut finalement bien plus intense que ce que nous avions prévu de prime abord. Quoi qu’il en soit, les seuls effets secondaires observés furent sur un patient qui s’est plaint d’une sensibilité au niveau du talon, et sur un second qui a souffert d’une douleur à l’aine. Il semblerait ainsi que les malades atteints de la sclérose en plaques pourraient tout à fait supporter un entrainement plus intense que ce qui est conseillé aujourd’hui", explique Ulrik Dalgas.

Pourquoi la musculation ?

Le choix de la musculation comme exercice physique ne fut pas un hasard : "Nous savons que les malades atteints de sclérose en plaques n’ont pas la même force que les gens en bonne santé du même âge, en particulier au niveau des jambes. En même temps, la musculation est l’exercice physique idéal pour gagner en force musculaire. Il était donc évident que c’était ce type d’exercice physique qu’il fallait privilégier" continue Ulrik Dalgas.

Cette étude résulte de la collaboration entre le Département de Sciences Sportives de l’Université d’Aarhus, le département de Neurologie de l’hôpital universitaire d’Aarhus, et de la Clinique de la sclérose en plaques de l’Hôpital de Soenderborg.

De nouvelles études

De fait, seules quelques études existent à ce sujet actuellement. Les premières ont été publiées il y a 10 ans environ. Celles-ci portaient sur la possibilité pour des patients atteints de sclérose en plaques de bénéficier d’un entrainement physique léger. Ces études étaient intéressantes car elles combattaient l’idée reçue selon laquelle l’exercice physique empirerait la maladie. Les études portant sur les intérêts de la musculation pour les patients atteints de la sclérose en plaque n’ont débuté qu’il y a quelques années. L’étude danoise est à ce titre très détaillée, et l’une des premières à travailler sur l’intérêt d’exercices de musculation plus intenses. Elle n’aborde cependant pas les formes les plus sévères de cette maladie, qui restent un sujet d’étude encore peu exploré.

Simone Paul-Collinet, chargée de mission scientifique et universitaire
Source :
Aarhus University

Origine : BE Danemark numéro 25 (22/01/2010) - Ambassade de France au Danemark / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61983.htm

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