La névralgie faciale (

Publié le par Handi@dy


Merci à Andrée Gauthier du Québec!
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Névralgie faciale (trijumeau)


 

Névralgie faciale : qu’est-ce que c’est?

La névralgie faciale se manifeste par de vives douleurs ressenties d’un seul côté du visage. Un geste aussi banal que se brosser les dents, boire ou sourire suffit à déclencher des élancements très douloureux, similaires à des décharges électriques. De 4 à 13 personnes sur 100 000 sont touchées.

Les personnes atteintes contractent souvent leurs muscles faciaux ou tressaillent en raison de la douleur, donnant l’impression d’un tic. Pour cette raison, la névralgie faciale est parfois appelée « tic douloureux ».

Causes

Cet état est attribuable à une atteinte du nerf trijumeau, responsable du transport des sensations du visage vers le cerveau. Le trouble est souvent causé par le contact entre un vaisseau sanguin et le nerf. Le vaisseau sanguin exerce une pression sur le nerf et dérègle son fonctionnement normal. Plus rarement, la névralgie du trijumeau est causée par une maladie neurodégénérative, comme la sclérose en plaques, ou par une tumeur ou un anévrisme compressant le nerf. Souvent, il n’y a aucune cause apparente.

Consultation

La névralgie faciale, si elle n’est pas traitée, peut sérieusement handicaper les personnes qui en souffrent en perturbant leur sommeil et leurs activités quotidiennes. Avec le temps, elle peut mener à la dépression et même, dans certains cas, au suicide.

Quand consulter

Si vous ressentez des douleurs fréquentes au visage et que les analgésiques vendus sans ordonnance n’arrivent pas à vous soulager, consultez votre médecin.

Il n’existe aucun test spécifique permettant le diagnostic d’une névralgie faciale. C’est grâce à l’aspect singulier de la douleur que le médecin arrive à poser son diagnostic. De prime abord, les symptômes sont parfois confondus avec des problèmes à la mâchoire ou aux dents. Il arrive que des interventions dentaires inutiles soient pratiquées.

Symptômes de la névralgie faciale

Initialement, les attaques douloureuses peuvent être modérées et de courte durée. Au fur et à mesure que la personne vieillit, le mal progresse, amenant des douleurs plus fréquentes et plus vives. Les périodes de rémission deviennent de plus en plus courtes. Les symptômes suivants sont caractéristiques de la névralgie du trijumeau :

  • Brefs éclairs de douleur aiguë, extrêmement intense, aux lèvres, à la mâchoire, aux gencives, à la joue ou au menton. Plus rarement, la douleur se manifeste aussi au front. Les accès de douleur peuvent durer de quelques secondes à quelques minutes.
  • La douleur est souvent provoquée par le toucher d’une zone particulière (appelée zone gâchette) ou même par le fait de sourire, de parler, de se moucher, de se brosser les dents, etc.
  • Les accès de douleur, semblables à des décharges électriques, se reproduisent à intervalles rapprochés.
  • Dans les cas les plus graves, les accès de douleur peuvent se reproduire 100 fois par jour.
  • Les périodes douloureuses peuvent s’étendre sur des jours, des semaines, des mois, voire plus longtemps.

Facteurs de risque

  • La névralgie du trijumeau touche trois fois plus de femmes que d’hommes. Elle est plus fréquente chez les personnes âgées de plus de 50 ans.
  • Jusqu’à 8 % des personnes atteintes de sclérose en plaques souffrent de névralgie faciale à la suite de la détérioration de la couche de myéline qui protège les nerfs.

Prévention

Il n’existe aucun moyen connu pour prévenir l’apparition d’une névralgie faciale.

Traitements médicaux de la névralgie faciale

Il est généralement possible de traiter la douleur avec succès à l’aide de médicaments, d’injections ou d’une intervention chirurgicale.

Médicaments

Les médicaments antidouleur classiques ne peuvent soulager la névralgie faciale, puisque la douleur est causée par l’atteinte d’un nerf. On utilise d’autres classes de médicaments qui sont généralement assez efficaces.

  • Les anticonvulsivants ont pour effet de stabiliser la membrane des cellules nerveuses. On utilise souvent la carbamazépine (Tegretol®), la gabapentine (Neurontin®), l’oxcarbazépine (Trileptal®), la prégabaline (Lyrica®) ou la phenytoïne (Dilantin®).
  • Les antispasmodiques, comme le baclofène (Liorésal®), aident à contrôler les spasmes.

Injections

Des injections d’alcool peuvent aider à soulager la douleur en engourdissant le nerf trijumeau. Le soulagement est temporaire. À plus long terme, une autre avenue de traitement doit être envisagée.

Chirurgie

Bien que les médicaments soient efficaces dans la majorité des cas, environ 40 % des patients finissent par développer une résistance à long terme. Il faut alors envisager une intervention chirurgicale.

Il existe alors trois principales avenues de traitement :

  • La technique du gamma-knife (scalpel gamma) consiste à orienter sur la base du nerf trijumeau, à sa jonction avec le cerveau, des rayons radioactifs qui provoquent la destruction partielle de ses fibres.
  • Les techniques percutanées visent à atteindre le nerf à l’aide d’une aiguille. Le nerf est détruit soit par un courant électrique (thermocoagulation), soit par un effet chimique (injection de glycérol), soit par un effet mécanique (compression par un ballonnet).
  • La décompression microvasculaire consiste à pratiquer une ouverture derrière l'oreille et dans le crâne pour chercher une veine ou une artère en contact avec le nerf trijumeau. Le vaisseau sanguin est dégagé par le chirurgien et, souvent, un coussinet est glissé entre le vaisseau responsable et le nerf atteint. Il s'agit donc d'une intervention délicate et plutôt invasive.

Ces interventions neurochirurgicales peuvent entraîner des complications, en provoquant l’engourdissement du visage, par exemple. Chez plusieurs patients, la douleur revient au bout de quelques années. On n’envisage la chirurgie qu’en dernier recours.

L’opinion de notre médecin

La névralgie du trijumeau est un syndrome que l'on diagnostique cliniquement.

La grande majorité du temps, elle est de cause inconnue ou secondaire à un vaisseau sanguin qui comprime le nerf trijumeau. Le traitement initial recommandé est la prise d'un médicament. La carbamazépine (Tegretol®) est le médicament qui a été le plus étudié dans ce syndrome et il a prouvé son efficacité. Toutefois, s'il est mal toléré ou ne vous donne pas les résultats escomptés, ne vous découragez pas, il existe plusieurs autres médicaments pouvant lui être substitués ou combinés. N'hésitez pas à discuter des différentes solutions avec votre médecin. Votre opinion et votre collaboration au choix du traitement sont très importantes et auront certainement un rôle à jouer dans le succès du traitement.

Chez un petit pourcentage de patients, la névralgie est causée par une lésion structurelle telle qu'une tumeur, la sclérose en plaques ou un anévrisme. Si vous présentez une perte de sensibilité du visage, des symptômes des deux côtés du visage ou si vous êtes âgé de moins de 40 ans, vous êtes plus à risque de faire partie de cette catégorie. Votre médecin fera alors prendre des images de votre cerveau (résonance magnétique), car s'il découvre l'une de ces lésions, un traitement spécifique sera ajouté à celui des médicaments antidouleur mentionnés plus haut.

De nos jours, il existe donc de multiples options efficaces pour le traitement de la névralgie du trijumeau. Il faut donc garder une attitude positive en attendant de trouver, avec votre médecin, la « recette » qui vous soulage le mieux!

 

Dre Marie-Claude Savage, CHUQ, Québec"
passeportsante.net

Publié dans Les douleurs (aïe!)

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capucine 30/10/2009 14:48


merci merci beaucoup handiadi pour ce très intéressant article, on en parle si peu et si peu de sépiens sont concernés par cette satanée névralgie du trijumeau...hélàs j'en fait partie, le symptome
est arrivé très vite après le diagnostix;à peine un peu plus de 2 ans de sep et déjà trop longtemps que ces douleurs me pourrissent la vie...pas de bol non plus, le tégrétol fonctionne super bien
mais j'ai fait une réaction urticaire donc je n'ai pas de traitement et nerveusement c'est super dur à supporter comme douleur.je me sens un peu isolée, tous les sépiens que je connais n'ont pas ce
problème.en tout cas merci à toi de faire connaître ce mal atroce et félicitations pour ton blog, j'y viens quasi tous les jours, comme celui d'arnaud.félicitations


Handi@dy 30/10/2009 16:26


Merci Capucine, ça me touche énormément! Dans mon groupe SEP nombreux, trois sont atteints et doivent aller
régulièrement au centre anti douleurs, mon amie MO qui a plus de 40 ans de SEP n'en a jamais souffert! La SEP est une vaste lotterie pas toujours compatissante! Je te souhaite le meilleut!
l'article a été mis en ligne sur facebook, si tu y es, par Andrée Gaultier du Québec! Gros :0010: