David Berty : « Profite au maximum de ce que tu peux vivre »

Publié le par Handi@dy

"Belle initiative ce samedi 7 mai, en prélude du match de Top 14 Toulouse - Clermont-Ferrand. L’AFSEP et le Stade Toulousain, via l’association Cœurs EnMêlées, se mobilisent contre la sclérose en plaques (SEP) en organisant un tournoi entre anciens joueurs, sous l’impulsion de David Berty (ancien joueur atteint de SEP) et avec le soutien institutionnel de Biogen Idec France . SPORTMAG a voulu en savoir plus auprès de l’ancien ailier du Stade Toulousain et du XV de France.

David, pouvez-vous nous expliquer plus précisément ce qui est prévu ce samedi ?

L’idée de départ vient du laboratoire Biogen Idec, dans le cadre de la Journée Mondiale de la SEP. Ils se sont rapprochés de nous afin de créer cet événement et parler de cette maladie qu’est la sclérose en plaques. On va faire un tournoi d’anciens joueurs au cœur du stade Ernest Wallon. Il y aura des anciens du Stade Toulousain, mais aussi de Montferrand : Omar Hasan, Christian Califano, et bien d’autres encore. Il y aura même des joueurs de la génération ayant précédé la nôtre. Nous allons former 6 équipes au total, avec notamment une équipe des partenaires du Stade, une équipe d’anciens de Blagnac, une équipe grecque également. Le tout dans la bonne humeur et la convivialité. Plus on est de fous plus on rit.

 

Organisez-vous d’autres événements comme celui-ci à travers la France ?

Depuis quelques temps, je me démène plus qu’avant. Grâce à un mécénat de compétences, je suis employé à mi-temps pour cette association qu’est l’AFSEP. Cela me permet d’organiser d’autres événements en faveur des malades : baptêmes de Ferrari, permettre à un enfant de donner le coup d’envoi d’un match comme France-Galles (VI Nations). Le soutien de la FFR depuis 5 ans nous permet également de récolter des fonds et d’avancer.

 

Quel est l’objectif recherché par cette journée ?

L’objectif est simple. C’est celui d’informer les gens sur la maladie. Nous souhaitons faire connaître cette maladie, sans la banaliser. Peu de personnes savent par exemple que la SEP touche même les jeunes, les enfants. Aujourd’hui 90 000 personnes sont atteintes par cette maladie, et le problème c’est qu’il s’agit de 90 000 cas différents, qui se traduisent par des troubles au niveau des jambes, des bras, de la mobilité, de l’équilibre, … Les réactions sont toutes différentes. La SEP est une maladie compliquée, qui heureusement se dépiste de plus en plus tôt. Tout le monde connaît de près ou de loin une personne atteinte de cette maladie, mais ne sait pas ce que c’est. Des gens aujourd’hui la cache et cherchent à la fuir au maximum.

 

Comment vivez-vous au quotidien avec la maladie ?

Personnellement, je le vis bien. J’ai la chance de pouvoir vivre normalement. La seule chose que je ne puisse pas faire, c’est un footing. J’ai parfois des moments de fatigue, mais j’attends que cela passe. Mais chaque jour, je me dis : « Profite au maximum de ce que tu peux vivre ». Avec cette maladie, on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve.

 

Vous souvenez-vous de quelle façon vous avez appris que vous étiez atteint de la SEP ?

J’ai eu les premiers symptômes en 1997. À l’époque, j’avais quelques problèmes d’équilibre, des problèmes physiques, de vision, mais je me disais que c’était un problème d’entraînement. Un jour, ma femme m’a demandé d’aller voir un médecin. C’est ce que j’ai fait et on m’a alors dit que c’était « bizarre ». On n’imagine pas un sportif de haut niveau atteint de la maladie. On m’a orienté vers un neurologue et le verdict est tombé en 2002. J’ai eu 30 secondes de soulagement, car je mettais un nom sur ce que j’avais. Mais cela n’a duré que 30 secondes…

 

Aujourd’hui, de quoi a besoin l’AFSEP pour continuer de mener à bien ses actions ?

L’AFSEP a besoin de fonds. Nous avons trois axes de travail : la création de centres spécialisés, le fonctionnement de notre réseau social, et la recherche. La sclérose en plaques est une maladie dont on ne connaît pas bien l’origine. On ne sait pas comment elle évolue, on ne sait pas comment l’éradiquer. Mais j’ai espoir que l’on trouvera quelque chose, un remède. Il y a des progrès de faits, mais il faut faire attention car tous les cas sont différents.

 

Propos recueillis par Victor Guilloteau"

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tiot 07/05/2011 22:13



salut


je te souhaite un bon dimanche



Handi@dy 08/05/2011 20:33



Merci Tiot, toi aussi!