Au-delà de cette limite, deadline, expo de peintres malades dont 1 SEP!

Publié le par Handi@dy

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Douze peintres affrontent la dernière ligne droite : une expo mortelle !

Les peintres ne se cachent plus pour mourir. Jusque dans leurs derniers instants, ils continuent leur oeuvre tout en subissant les avanies réservées par le progrès au commun des mortels. En dépit de son titre, "Deadline" - l'heure limite chère aux journalistes de la presse écrite -, l'exposition du musée d'Art moderne de la Ville de Paris est loin d'être une manifestation morbide. Bien au contraire, elle montre comment certains peintres et sculpteurs contemporains affrontent la dernière ligne droite, le cas de Willem De Kooning (1904-1997) étant certainement le plus douloureux. La maladie d'Alzheimer a bouleversé ses dernières années, ne lui laissant plus qu'un ersatz de sa légendaire maestria, un jeu de formes et de couleurs simplifiées dans lesquelles, avec élégance, l'essayiste Robert Rosenblum vit des "rappels proustiens de ses premières oeuvres".

Confrontés à la perte de leurs moyens, les artistes redoublent de ruses. Hans Hartung (1904-1989) vaporise ses "tags" aux couleurs acidulées à l'aide d'une sulfateuse de viticulteur. L'année même de sa mort, le Franco-Chinois Chen Zhen (1955-2000), bientôt emporté par une leucémie, tente de comprendre ce qui se passe. Dans une sobre installation, il interroge ses viscères, sculptés dans un albâtre rendu transparent par la lumière, des instruments de chirurgie ayant été disposés autour des organes. Aucun de ces créateurs n'a éprouvé, in articulo mortis , le besoin d'un appel à Dieu. Pendant que James Lee Byars (1932-1997) apprivoise la mort en la simulant au cours de performances, Gilles Aillaud (1928-2005), de plus en plus diminué par un accident vasculaire cérébral, finit, la dernière année, par tomber dans un profond mutisme. Peintre de la condition humaine, analysée au travers de la métaphore de l'encagement animal, au zoo ou ailleurs, Aillaud se contente désormais de ciels dépeuplés, à peine traversés d'oiseaux fantomatiques.

La débâcle du corps n'entraîne pas la déroute de l'esprit, pas plus qu'elle ne conduit forcément au naufrage, même si Martin Kippenberger - mort à l'âge de 47 ans, en 1997 - s'inspire de celui de la Méduse, s'emparant des postures des personnages de Géricault, à l'occasion d'ultimes tableaux très lumineux et enlevés. Dans ces dernières lignes droites, la peinture est plus que jamais " cosa mentale ", comme le voulait Léonard de Vinci. Jörg Immendorff (1945-2007), diminué par une sclérose en plaques, se fait aider par son épouse ou des assistants pour réaliser de dernières et splendides toiles. Citant Hogarth et Goya, il en profite pour revisiter à sa façon l'histoire de la peinture dans une série de tableaux à la vitalité élégiaque et communicative. "Deadline" est décidément une exposition formidable...

Retrouvez en image l'exposition

Regardez l'analyse de l'oeuvre "Ohne Title" de Jörg Immendorff

Musée d'Art moderne de la Ville de Paris. Jusqu'au 10 janvier 2010. "
lepoint.fr/culture/2009
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Commenter cet article

bunny le chti 03/12/2009 11:14


salut
la mort fait partie de la vie
dans certains pays c'est même une fête
bonne journée


Handi@dy 03/12/2009 19:26


Ouep! Moi j'ai du mal ! :0010: