RDV D'EXPERTISE POUR LA REPRISE DU BOULOT APRES HARCELEMENT MORAL.

Publié le par Handi@dy

Je classe cet article dans la rubrique "TAF", car il concerne mon avenir professionnel.
Pour vous résumer le topo: après le début de ma SEP (en trombes, paraplégie incomplète et incontinence totale dès la 1ère poussée pour ainsi dire, atteinte irréversible de l'axone et fauteuil roulant en prime, définitif) et 7 mois d'hosto et de rééducation fonctionnelle, je reprenais mon travail, d'abord à mi-temps thérapeutique (6 mois), puis à plein temps, voire 1 ou 2 heures supp. (malgré mon refus).
Les premières années de boulot en fauteuil ont été géniales. (pour préserver ma liberté d'expression, je ne vous donnerai pas beaucoup de précisions sur mon métier, je suis, disons, muselée par ma fonction et mon statut... Motus...) Puis, on a changé de chef, un vrai con de facho de la pire espèce, une vingtaine de personnels toutes catégories harcelés, dont moi, parce que je refusais de faire la "kapo" pour fliquer et rabaisser une de mes collègues, et parce que j'avais pris la défense de la 1ère harcelée...puis de tous les suivants ou presque! Je devenais donc un élément gênant, casse-couille, à éliminer. J'ai tenu bon pendant 4 ans du règne de ce connard, malgré la maladie, mais comme il connaissait mon point faible, ma SEP, il m'a littéralement cassée, sachant que la conséquence (je lui avais expliqué, dès son arrivée sur le poste, ma vulnérabilité, de façon à ce qu'il adapte mon poste, erreur fatale que je ne commettrais plus si c'était à refaire) seraient des poussées de sclérose en plaques à répétition! (après chaque conflit avec lui, je me retrouvais à l'hosto de jour, à prendre perf sur perf...)
Je vous résume sa technique pour me briser: refus d'aménager l'emploi du temps. M'obliger à faire du boulot supp malgré l'interdiction de la médecine du travail. Refus de faire réparer l'ascenseur quand il était en panne (je l'ai appris par hasard en appelant moi-même OTIS!), ce qui m'empêchait d'aller bosser, puis au CA, me dénigrer, afficher mon absentéisme (alors que sans ascenseur, je ne POUVAIS pas bosser grrr) sans préciser que c'était de sa faute! Me faire convoquer à la médecine de prévention (en tippexant "à la demande de l'employeur" et cochant "à la demande du médecin" sur le dossier), faire pression sur la toub pour qu'elle me placardise pour de bon pour cause de handicap, puis comme je suis revenue avec un certificat d'aptitude au poste, il a explosé, m'a jeté le certif, et en sortant du bureau je rencontrais une vacataire embauchée derrière mon dos, sur mon poste, alors que j'en suis titulaire et que j'étais présente au poste! Le jour où j'en aurai l'énergie, je vous raconterai quelques autres vacheries de cet odieux personnage... Il est indéboulonnable. On a tout essayé au boulot, y compris les collègues syndiqués. Il s'est un peu fait taper sur les doigts, rien de plus. On lui a sucré une promotion, mais pour moi ce n'est pas une sanction à la hauteur de ses graves manquements. Impossible de lui coller un procès de par son statut, je ne peux rien en dire de plus. Je clos le sujet pour l'instant.
Me voilà donc, après des années de taf en fauteuil, avec succès, victime d'un sale facho. Chaque conflit aggravant ma sclérose en plaques et me plongeant dans une grave dépression que je n'ai pas vue venir, car plongée dans un boulot que j'adore.
Je me suis donc écroulée. Pour me préserver et me permettre de me reconstruire, mes toubs m'ont mise en CLM (congé longue maladie prolongeable). J'en suis à 1 an et presque 3 mois. Je suis passée à mi-traitement fin novembre. La galèreeeeeee. Je reparlerai plus en détails du CLM et de ce qu'il implique pour nous sépiens, dans un texte à venir...
Ce qui est intéressant, c'est le fait que, depuis 1 an, plus de poussée!!! Nickel! Ce qui prouve que ce type me rendait malade.
Et ce qui me fait vous donner un conseil avisé, mes chers lecteurs sépiens: évitez à tout prix de bosser au-delà de votre profil de poste, fuyez le stress au boulot, vous savez qu'il est un déclencheur de poussées et un facteur d'évolution de la maladie!!! Je sais bien que, pour prouver notre valeur par rapport aux bien-portants, nous avons tendance à en faire plus qu'eux, à bosser comme des...euh...malades!!! STOOOOP! C'est exactement le genre de brêche qu'attend la SEP pour se faufiler et nous clouer... Alors prenez soin de vous... Reposez-vous! N'en faites PAS TROP!

RDV d'EXPERTISE: en vue de valider le CLM, on passe devant un expert, en consultation, qui rend un verdict qui passe devant un comité médical qui entérine ou non la décision. Dans mon cas, une neurologue que je connaissais (fatalement) de vue, a été nommée. Elle a recommandé le CLM, l'a prolongé vu mon état dépressif, et jeudi, on a rejoué les prolongations pour encore 3 mois, soit au total 1 an et demi pour me remettre! Je ne dis pas merci à mon salopard de chef pour ce qu'il coûte à la sécu, sans compter ma vie, ma santé démolies.
Ma reconstruction aura été multiple: après un harcèlement moral, on se sent comme une m****. On n'a plus goût à rien, on ne fait plus rien, on survit tout juste. Quand de surcroît, on a une SEP et qu'on est handicapé, je vous laisse imaginer les dégâts... Moi, l'optimiste increvable, à genoux, plus bas que terre même, à peine l'ombre de moi-même, cassée...
Je me suis donc reprise en main petit à petit, et avec l'aide de ma nièce, de R., mon pote très proche, de professionnels de la santé, psy, inf à domicile, je reprends pied. Inutile de préciser que mon blog participe à ma reconstruction!!! Mes oiseaux, eux aussi, ont fourni leur part, m'empêchant, par leur seule présence, de "partir", de tirer ma révérence à un monde injuste... Ils m'ont obligée à me lever, et même si je ne mangeais pas, moi, j'étais tenue de changer leur eau, leurs graines, leur millet etc... Ils faisaient les andouilles sur leurs balançoires, papotaient avec moi, et souvent ils étaient les seuls êtres vivants auxquels je m'adressais pendant la journée... Mon groupe SEP m'a été d'un soutien incroyable. Mes chers, fidèles sépiens! Et j'ai tenu le coup, finalement.
Mon sens de l'auto-dérision, mon humour grinçant, mon envie de vivre malgré tout, mon énergie d'habitude débordante ont été des atouts précieux.

Alors, avec l'experte, on a décidé de mon retour au taf dans 3 mois. Puis, on avisera. J'en suis ravie. Parce que je suis à nouveau forte. J'ai fait un trait sur l'espoir de voir mon chef sanctionné. Je ne perds plus mon énergie vitale à me fâcher contre lui, même si je prends encore un malin plaisir à le traiter de noms d'oiseaux! (faut se faire du bien! Avec R., on l'a surnommé "Pine d'huître"!) J'ai appris à lâcher prise. Lâcher ma colère, mon énergie négative, vaine, pas constructive. Et j'ai rechargé mes batteries, du "+" à revendre! Je reprends le taf le 1er juin. Ce qui me laisse le temps de cicatriser, de changer de fauteuil, de coussin anti-escarres, de me bichonner, de bichonner mon intérieur négligé.
Pine d'huître sera écoeuré de me voir revenir, ce qui me réjouit d'avance. Pas question d'accepter de changer de taf, ce n'est pas à la victime de céder. Na!

DRÔLE! Petite marrade liée à l'expertise: comme j'avais rdv dans le bâtiment de neuro et que j'étais très en avance, je suis allée faire un coucou à l'ancien service où j'étais hospitalisée en 1998, début de ma sclérose en plaques. Et sur le chemin, je tombe... sur le gars qui avait installé le matelas NIMBUS!!! C'est lui qui m'a aperçue en prem's et interpelée joyeusement! Trop drôle! Il pensait que je retournais au service et se proposait de me pousser, son sac à NIMBUS sur l'épaule. On a un peu discuté, il m'a présenté le "NIMBUS 3" (Koa! Ben et moi, je puais, pour n'avoir eu droit qu'au NIMBUS 2?! Nan mais, pfffff!), et je lui ai rappelé que la prochaine fois, je voulais un "ECLAIR DE FEU" qui vole, hein (cf HARRY POTTER, toujours)! On a ri, puis j'ai tourné mes roues pour aller saluer mes anciennes inf que j'adore. On se tutoie, on s'embrasse! Elles étaient même passées me voir récemment, au service qui m'a accueillie pour mes plaies, pour me redonner du peps! F., Fr., Lulu... Des nanas en or! Lulu, sa spécialité, c'est d'ouvrir le robinet de la baignoire du service et de l'oublier, parce qu'un patient en chambre sonne... Débordement, piscine dans le couloir!!! Ce que j'ai pu la charrier à ce sujet! Je lui demande si c'est jour de piscine. Elle pouffe et m'avoue que le matin même, elle avait fait beaucoup de buée, un vrai hammam. Chouette, je dis, je viens demain pour en profiter! Elle me rétorque que c'est avec des patients hommes, majoritaires au service là. Bah, raison de plus, que je dis! Je vais mâter, cool! Sur ce passe un patient qui rentre chez lui. Blèmes de dos, de colonne. Il se joint à la plaisanterie et affirme que ça ne l'aurait pas dérangé de prendre son bain entouré de dames. Oulà! Pas le genre de truc à me dire à moua. Je le zieute (beau mec, bien bâti, belle bête!). Je lui affirme être venue pour faire mes adieux aux inf, vu que je vais mourir dans 48h (!!!), et lui dis que vu que je n'ai pas de mec, que je n'ai rien eu pour la St Valentin, ma dernière volonté, c'est qu'il me fasse un strip-tease... Lulu et F. pliées... Le gars plié aussi, enfin, s'il avait pu! Il répond que sans ses blèmes de dos, il le faisait le strip! Je ne lâche pas l'affaire: on veut pas du Chippendale, pas besoin de vous trémousser, vous vous déssapez, c'est bon! Re-rires! Mais le gars répète (à regrets, je l'aurais juré!) qu'il a trop mal... Bah oui, quand il est parti, à sa démarche, j'ai compris son malheur!
En sortant de l'expertise, je tombe sur le second interne du service où j'étais il y a quelques jours encore... Etonné de me voir! Je lui explique la raison de ma présence et on ...papote! Il est sur le c** en apprenant ma profession. Et de plus en plus médusé, car il apprend enfin à me connaître (mieux vaut tard...), et il est vrai que, habillée, pomponnée, brushingée de frais, en forme et avec une pêche d'enfer, je n'ai plus rien à voir avec la baleine échouée sur un lit d'hosto! On se quitte et son regard est admiratif, plein de respect. Ahhhhhhhhhhhh, ça fait du bien!!! Je lui dis de passer le bonjourà MON interne, vu que là, mon transporteur handi me cherche, pas le temps de passer au service...

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Handi@dy 25/03/2007 08:55

Eh non, VANESSA, rien à faire, on a tout essayé, le DRH, plus haut dans la hiérarchie, je ne peux pas donner plus de détails car je désire garder le secret... Les syndicats bien sûr, la médiation etc... C'est remonté au plus haut, et il est indéboulonnable de par son statut, comme un curé pédophile! Mais j'ai bon espoir qu'il ait sa mutation prochainement, et on lui a sucré une promo! Il était le seul de son grade à ne pas la recevoir héhé! J'ai des traces écrites de tout, mais ça ne sert à rien, il me faut passer par lui (hiérarchie oblige), pour les transmettre, et en allant directement, je le suis fait taper sur les doigts... Je ne veux pas risquer ma carrière pour un vieux con qui partira à la retraite dans 4 ans. MERCI POUR TES IDEES!

Vanessa 17/02/2007 20:58

Bravo Handy pour ton énergie, tu as à la fois appris à lâcher prise et à ne rien lâcher de ce qui est important...
Quand même, ce dégoûtant personnnage qui est ton chef ne devrait pas s'en tirer à si bon compte. Est-ce que tu ne pourrais pas signaler par écrit chaque incident, avec copie à toutes les personnes qui pourraient être concernées? Par exemple, à chaque fois que l'ascenceur est en panne, pour qu'il y ait une trace écrite de toutes les tracasserie qu'il te fait subir. Même les choses qu'il te dit, si tu écrivais systématiquement au grand chef (à moins que ce soit lui le grand chef), aux syndicats, aux RH etc, il ferait un peu plus attention, et tu aurais un gros dossier en ta faveur s'il essaie de te virer.
En tout cas, je penserai à toi en juin. Bon courage!