"SEP STORY": historique de mes poussées (9) la dépression.

Publié le par Handi@dy

08/08/2009

Eh, oui, 9ème partie déjà (la 8 anté publiée, c'était les troubles sphinctériens fécaux).
La dépression, sans doute ce qui peut nous arriver de pire: notre état mental dicte comment nous "acceptons" notre état, composons avec, résistons...
Je suis naturellement joyeuse et optimiste. Par moments, la vie m'a infligé d'horribles coups durs, mais ma résilience m'a toujours permis de ne pas perdre pied et de me reconstruire.
Dans la famille côté paternel, il y a une hérédité de dépression. En même temps c'est là qu'il y a le plus de punch et de combativité!
Je suis un mélange des deux et mon côté mélancolique dépressif a fini par disparaître pour de bon.
Avant la SEP, le Le fait de prendre le bus avec les élèves le matin me mettait de super bonne humeur. Je faisais le métier pour lequel j'ai la vocation et j'étais heureuse. Sentimentalement, c'était plus compliqué: je ne tombais que sur un type d'homme pas sociable et échouais. J'étais en couple avec un ex collègue de ma promo de concours et devais me marier. Sa mère couveuse possessive a détuit toutes ses histoires d'amour, dont celle avec moi. On se sépare au moment où je prends le vaccin anti HB et patatras: j'enfile la SEP après une récente embolie pulmonaire. Je tiens bon car je suis très entourée (lire histoire de ma SEP en détail, voir catégories!). Au début de la maladie en neuro, on m'avait prescrit un antidépresseur léger pour me faire dormir, aux plantes. Il n'a jamais réussi à me faire dormir, mais j'avais un moral d'acier!
Quand j'ai retravaillé à la sortie de rééducation, j'ai fait un suivi psy de 3 ans en attendant de pouvoir enfin passer l'IRM de diagnostic. Puis j'ai rejoint mon groupe SEP. Pour moi la vie allait bien, j'étais dans mon élément, entourée, je vivais comme avant mais à roulettes. Tout baignait et c'est moi qui étais écoutante consolante au groupe!
Au boulot, une petite équipe s'était formée autour de moi: on s'adorait et on se voyait tous les jours. Les élèves, ça se passait très bien, même une classe très difficile ne m'a pas fait peur.
Sentimentalement, je refusais de me remettre en danger de grosse poussée et refusais les sentiments, mais je vivais de chouettes aventures qui me comblaient, avec des hommes valides.

Ma dépression à moi n'est apparue qu'un an après un changement de proviseur: un monstre harceleur, vrai salaud, qui a harcelé des dizaines de personnes. Tous nos témoignages et plaintes à l'Educ Nat étaient étouffés, il était ami politique du DRH et du Recteur. Récemment on a appris que "Matignon" l'appelait souvent. Tout est dit!!!
J'ai donc commencé à m'émietter... J'ai refusé de lui servir de complice pour harceler des collègues nanas, et c'est là qu'il m'a prise en grippe! Refus d'adapter mon emploi du temps (j'avais besoin d'une demi-journée de kiné!), il faisait mettre l'ascenseur en panne et n'appelait pas OTIS... Je passe sur toutes les horreurs qu'il m'a faites. Je passe de deux ou trois poussées à 4-5/an et ma neurologue qui recueille mes confidences en a marre de me voir pleurer comme une madeleine. (pour elle JE suis l'exemple SEP à suivre moralement!) Elle me dit que si cela continue, je serai vite grabataire, et me met en maladie.
A la maison, oisive, la dépression pousse, grandit. J'en arrive à ne plus descendre mes poubelles qui s'accumulent, à ne plus faire le ménage. Je pleure point!
Ma nièce viendra à mon secours. Des suicides de proches et la mort d'un de mes oiseaux m'achèveront et je finirai 4 mois à l'hosto avec d'épouvantables escarres sous la plante des pieds: je buvais peu, m'alimentais peu... pas de protéines, d'où les escarres!
En cure, je renaîtrai de mes cendres à force d'aider autrui.
En rentrant, j'irai bien retrouverai mon groupe SEP puis me présenterai aux élections départementales de l'APF à la demande de la directrice APF! A partir de là, je me retrouve hyper active et la dépression n'aura plus de chance.
Je ne vis pas que pour moi, mais pour améliorer la vie d'autres handicapés. Je témoigne en milieu scolaire et retrouve des élèves.

Je ne peux que recommander à tout SEPien un suivi psy, même sans médicament: prévention du pire, car les deuils de la SEP peuvent être très violents! J'en ai connu trop sans suivi psy et/ou kiné qui s'écroulaient et finissaient très mal...

rangee-de-galets.gif

Commenter cet article

christine 08/08/2009 19:13

Salut AdyEncore une fois, ta démarche me semble intéressante et primordiale pour les autres SEPiens et leurs proches : il n'est pas évident de reconnaître que l'on a besoin d'une aide psychologique. D'autant qu'à force de se faire triturer le corps pour les examens et les soins, on n'a pas forcément envie de se faire, en plus, "triturer" l'esprit. Ton témoignage prouve bein que cela peut aider à ne pas imploser...Et pour autant que je te connaisse, même si tu as vécu un épisode difficile en réaction à des pressions très intenses, tu fais preuve d'un moral en titane renforcé ... et on t'adore comme ça

Handi@dy 09/08/2009 10:46


Merci CHRISTINE! Je crois que prendre soin de soi côté psy relève de l'hygiène de vie, surtout avec des deuils
et pressions aussi graves que dans la SEP! :0010: