Témoignage APF au collège de Rosheim.

Publié le par Handi@dy

Ca remonte à quelques semaines, je suis à la bourre!
Rosheim est un charmant village alsacien. Une de ses auberges est célèbre: le chef qui officie en cuisine a longtemps animé une émission régionale sur nos spécialités ("sûr un' siess": "aigre et doux")
Impression de calme en arrivant avec le master APF, même s'il y a déjà foule de pingouins devant la cour du collège! On nous fait entrer dans le bâtiment de l'administration où la salle de perm nous permettra de recevoir trois classes de sixièmes, on a dû tous les voir, la seconde était un mélange de deux ou trois classes.
Sur une table, une thermos avec du café et des petits gâteaux. On sait accueillir! La principale et son adjointe passeront nous saluer!

Je suis avec MANUE.
L'infirmière est présente à toutes les réunions, sauf la fin de la dernière. Elle nous a fait signer un papier de l'intervenant, notamment sur l'obligation laïque de la neutralité!
Nous officions comme nous savons désormais bien le faire, on se présente... Dominique Farrugia, personne ne connaît. Trop jeunes les pitchounes! Je reste donc sur ma personne pour parler de la sclérose en plaques!
Les questions posées: comment nous vivons avec le handicap, comment nous avons pris la chose, comment l'entourage a réagi, nos loisirs, nos centres d'intérêt, nos animaux (je les ai fait rire en parlant de mes canaris et mandarins qui n'étaient pas cap de m'aider!), du regard des gens dans la rue (je resors mes anecdotes que vous avez pu lire dans les précédents témoignages) puis la question qui tue! "est-ce qu'on peut encore écrire?" MANUE ne peut pas, elle dit qu'un échantillon de son écriture se trouve sur les pyramides d'Egypte, des hiéroglyphes! La classe rit de bon coeur, et moi aussi! Je crois que c'est la meilleure vanne de MANUE à ce jour!
Moi, je dis que tenir un stylo m'est de plus en plus difficile, que mon écriture est cochonnée, que je tape sur le clavier de mon PC. Je raconte que prof, j'écris toujours très bien au tableau avec de la craie, car le geste est large! Que vue la lenteur de mes pingouins, je finissais toujours avant eux! On rit encore!
Je parle du handicap comme d'un environnement non adapté, dis que si je les lâche dans la forêt amazonienne ou dans l'Arctique (je cite Sophie Froger, SEPienne qui y va en expédition!), ils meurent comme nous en peu de temps. Le handicap, c'es quand l'Homme n'a pas encore réussi à adapter tout l'environement. J'aime bien cette définition! Et puis ça les responsabilise pour l'accessibilité! On a besoin d'eux. Les pingouins sont scotchés comme d'hab, réjouissant!

Chose nouvelle:
à la fin de l'aprem, des élèves restent pour nous poser des questions plus personnelles, on apprécie!
Une élève a retenu que je pouvais me verticaliser, elle demande quasi à voir, je lui fais la démonstration. Pour MANUE c'est la surprise, elle ne m'a jamais vue verticale! Bon, je suis en appui sur une table, aucun risque!
Un surveillant aide éducateur que MANUE connaît nous salue; le handicap l'intéresse.

Encore un bon témoignage! Mes pingouins ne me manquent plus du tout, les plus âgés sont mes contacts facebook... J'adore le témoignage école, je sais que nous formons les adultes de demain et leur regard sur le handicap, la différence! Mieux que prof de lettres-allemand, je suis prof d'HUMANITE!


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