La galère du déplacement en fauteuil!

Publié le par Handi@dy

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Handicap. Galère en fauteuil

Handicap. Pour mesurer combien la circulation en fauteuil roulant est ardue, nous avons testé rues, transports et bâtiments publics sur un parcours-type.

L'Etat vient de relancer une campagne de communication sur la « loi handicap ». C'est bien. Mais quiconque circule en fauteuil roulant en ville sait le chemin qu'il reste à parcourir pour rendre accessibles rues, trottoirs, transports en commun, bâtiments publics. Lorsqu'on est équipé de ses deux jambes, on mesure assez mal cette difficulté quotidienne.

Histoire d'éprouver par l'expérience le problème de l'accessibilité, nous nous sommes fait prêter un fauteuil roulant et avons accompli, en compagnie d'un guide, Yannick Martin, un parcours-type en ville. De bonnes intentions, mais un enfer sur les pavés.

D'abord se familiariser avec la bête : un fauteuil roulant modèle Sécurité sociale. Pas la Formule 1 à Schumi, mais ça fera l'affaire. Yannick m'avait donné rendez-vous à l'Association des paralysés de France, du côté de Lardenne, à 15 heures. Ici commence l'odyssée.

Direction l'arrêt de bus. Mieux vaut emprunter le milieu de la route. Bombées pour faciliter l'évacuation des eaux, les rues présentent une déclivité éprouvante si l'on décide de longer le trottoir. En parlant de trottoir, celui qui conduit à la station la plus proche, chemin Salinié, se rétrécit en un entonnoir impraticable en fauteuil. A cette hauteur, sans grande expérience du maniement d'un fauteuil et face aux voitures qui déboulent, un sentiment de déréliction étreint le néophyte - en même temps que les gaz d'échappement les voies respiratoires. Si tous ne sont pas encore équipés de ces plateformes d'accès bien pratiques (lire par ailleurs), le bus n° 46 en possède une. Le problème se situe à l'arrêt de bus lui-même : de guingois et bardé de rambardes de protection, le trottoir ne facilite pas la tâche. Au distrait, le démarrage un tantinet sportif rappelle l'impérieuse nécessité de bloquer les freins de la bécane.

Les jambes à son cou

Deuxième étape : station Arènes. « Tu veux faire un saut à Colomiers ? Oublie ! » Car pour franchir la vingtaine de mètres qui nous sépare de l'abribus, il faudrait descendre un trottoir de vingt bons centimètres. Autant dire un précipice… Machine arrière, toute. Ascenseur pour les entrailles du métro. Nickel : quai à hauteur de rame, compartiment spacieux, et remontée station Capitole. Si le syndicat d'initiative a prévu une rampe d'accès, la Poste de la rue Lafayette montre le parcours du combattant qu'il reste à couvrir pour que les bâtiments publics se mettent en conformité avec la loi : impossible de lutter contre les trois énormes marches hostiles. Et contre l'absurdité d'une époque qui s'abrite derrière une opportune inscription aux monuments historiques pour interdire l'installation d'une rampe.

Valides, sachez-le : lorsque la vie vous prive de l'usage de vos jambes, elle vous ampute aussi d'une partie de la culture. Au musée des Augustins, une adorable hôtesse se précipite à votre rencontre et vous propose une visite. Amputée elle aussi. Un ascenseur existe bien, mais son étroitesse ne permet pas de profiter de l'exposition du premier étage. Ni de la quiète beauté du cloître.

Demi-tour… Le chien est l'ennemi du fauteuil roulant. Comme les crachats qui jonchent les trottoirs, si l'on n'y prend garde ses besoins naturels finissent invariablement leur vie dans la paume de vos mains. Le bus 14 nous laisse à Marengo. Comme tous les édifices récents, la médiathèque respecte la loi et c'est heureux. Ce qui l'est moins se situe quelques dizaines de mètres sous nos roues. L'obstacle est de taille dans le couloir qui mène de la station de métro à la gare Matabiau : à gauche de l'escalier d'une dizaine de marches, le plateau élévateur nous fait le coup de la panne. Et ça fait bien deux mois que ça dure : Yannick a même pris une photo, à la mi-juillet, d'une affichette qui conseillait sans malice aux usagers d'emprunter… l'escalier. De quoi prendre, si pour une fois elles n'en faisaient pas qu'à leur tête, ses jambes à son cou.

Jean-Louis Dubois-Chabert

Zoom

Tous les bus seront équipés d'ici à 2013

l La moitié des lignes et des bus équipés. Si le métro a parfaitement été conçu pour accueillir les personnes handicapées, certaines lignes de bus ne sont pas encore accessibles. Pour l'heure, 249 bus sur les 527 véhicules du parc Tisséo sont équipés de palettes rétractables, ces plateformes qui permettent de grimper dans le bus par la porte arrière.

Aujourd'hui, sur les 65 lignes qui maillent le réseau, 31 sont équipées. Il s'agit des lignes 10, 14, 15, 16, 19, 20, 21, 24, 25, 28 (navette), 33, 35, 36, 37, 38, 39, 41, 46, 51, 53, 54, 56, 62, 63, 64, 65, 67, 68, 72, 74 et 92.

l Renouvellement. « Prendre en compte les problèmes de mobilité de tous ses clients est une préoccupation majeure pour Tisséo », explique la direction, qui estime que des bus accessibles aux handicapés en fauteuil roulant voyageront sur la totalité des lignes du réseau d'ici six ou sept ans, soit en 2013, puisque le renouvellement des véhicules se fait au rythme de 30 à 40 par an.

l Places réservées. À l'intérieur, des places sont réservées aux personnes handicapées, qui bénéficient de tarifs réduits, voire de la gratuité.

l Signalétique. Un petit pictogramme indique, en haut du pare-brise, si le bus est accessible ou non aux personnes handicapées. A noter que les bus des lignes 2, 10, 12, 14, 16, 22, 24, 56 et 62 sont équipés d'annonces sonores et visuelles.

l Mobibus, un service de transport à la demande pour personnes en fauteuil, assure une desserte adaptée sur l'ensemble du périmètre des transports urbains."

***MON GRAIN DE SEL: voilà qui me conforte dans mon rôle d'action d'élue APF et de membre du groupe accessibilité! Tout reste à faire dans certaines villes. A Strasbourg, c'est pas mal, mais les routes et trottoirs sont défoncés, pas droits, ce qui est une torture en fauteuil!


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Annie 29/04/2011 21:02



Pfff .. ici dans ma petite ville, il y a des appartements aménagés pour les personnes en fauteuil et les trottoirs ou plutôt les crottoirs sont impraticables !



Handi@dy 30/04/2011 18:25