"Partir"...? Quand? Comment?

Publié le par Handi@dy

L'actualité récente me pousse à aborder -enfin- le thème que j'aurais évoqué dans le récit de la survenue de ma SEP, très prochainement...
Thème qui taraude tout malade/handicapé en souffrance, surtout s'il craint de ne plus être, un jour, maître de ses gestes et de ses choix en raison d'un handicap physique, et incapable de décider de son sort.
Le suicide, "assisté" ou non, l'euthanasie, font partie de NOTRE questionnement.
Prétendre que non est un mensonge.
Nous différons par nos réponses: refus de mourir, combat, recherche d'aide, d'espoir, de causes à défendre ou... passage à l'acte.

Je m'exprimerai sur le sujet à travers un article à venir.

Je cite le texte publié il y a quelques jours par Janine Thombreau sur le post.fr, ici:
CLIC
! (lisez notamment les coms des lecteurs!)
Le surlignage est mon oeuvre.

"Moi, Janine, atteinte de sclérose en plaques, ai décidé de partir dignement"



Témoignage Le Post. Le suicide de Rémy Salvat, handicapé, fait réagir. Il a inspiré ce cri à la posteuse Janine Thombrau.
L'image choisie par Janine pour son site Mots pour Maux (http://motspourmaux.perso.cegetel.net)

Rémy Salvat, 23 ans, a créé l'émotion en mettant fin à ses jours, peu après avoir reçu une réponse négative à sa lettre envoyée à Nicolas Sarkozy. Atteint d'une maladie orpheline dégénérative, il demandait le droit à mourir. Il a avalé des médicaments. Ses parents ont été entendus vendredi.

L'"euthanasie" revient à nouveau sur le devant de la scène. Mais il y a une confusion avec le "suicide assisté", selon le député UMP Jean Leonetti, qui doit rendre en novembre son évaluation de la loi sur la fin de vie de 2005: "La loi répond à ceux qui, malades en fin de vie, demandent l'arrêt de l'acharnement et veulent plus souffrir. Mais ne peut pas répondre à ceux qui estiment que la vie qu'ils mènent ne vaut plus d'être vécu", dit-il au Parisien vendredi.

Comme en témoigne Louise, sur Le Post, le suicide est la seule réponse pour certains: "J'avais un ami dont le cancer des os incurable a été diagnostiqué à l'âge de 18 ans. Il n'a rien demandé à personne : il s'est pendu. Il était fils unique. C'était en 1985. La société française avait la décence de ne pas faire semblant d'être vertueuse en commandant des autopsies ridicules et attentatoires à la dignité humaine pour chercher à toute force des coupables là où chacun dispose du peu de liberté qui lui reste."

Janine Thombrau, elle, a les idées claires. Cette posteuse installée dans le Gard a pris sa "décision" dès 2002, l'année où on lui a diagnostiqué une sclérose en plaques: "J'ai prévenu mes deux enfants et mon compagnon... Pour l'instant, je vais très bien, quelque part, mais quand ça se dégradera, quand je ne pourrai plus écrire, quand je sentirai que c'est le moment... Je n'ai pas envie d'être un légume", nous dit-elle Aujourd'hui, Janine est en fauteuil roulant, ne peut marcher ou s'habiller seule, mais elle a l'esprit très combatif et elle voit mieux qu'à une époque...

Le cas de Rémy Salvat lui a inspiré ce cri, publié en commentaire sur Le Post:

"Mon choix

Comme:
Rémy SALVAT
Chantal SEBIRE
Maïa SIMON
Vincent HUMBERT
Diane PRETTY
Charles FARIALA
Ramon SAMPEDRO
"Mar Adentro"
Jean AEBISCHER
"Le choix de Jean"
Sue RODRIGUEZ
Manon BRUNELLE
Thomas YOUK
Christian MONTCOUQUIOL… Etc … Au cours de ces dernières années.

Moi, Janine Thombrau, atteinte d'une Sclérose En Plaques évolutive et rapide, lucide et en pleine possession de mes facultés mentales, ai décidé de ne pas me laisser dégrader par la maladie et de partir DIGNEMENT, avant que l'inéluctable échéance faite de souffrance et de dépendance ne vienne altérer mon moi.

D'autres personnes atteintes de maladies dégénératives, incurables et sclérosantes ont adressé une même requête aux pouvoirs législatifs, judiciaires ou exécutifs… Sans ébranler cette muraille d'égoïsme, de surdité, de suffisance et de rigorisme de ces "bien-portants".

Leur rhétorique inébranlable sur l'homme qui doit rester égal dans la vie comme face à la mort… Quelle égalité pour un handicapé… Un malade, un chômeur, un retraité, un SDF… face à un notable? Cette même rhétorique qui leur permet de refuser un débat public et de récuser, au nom de leur éthique personnelle, le libre choix des individus rejetant la déchéance et voulant garder leur pouvoir de décision et les moyens légaux de l'exécuter… Ce blabla obsolète me fait dire à ces donneurs de "Leçon" : attention, ça n'arrive pas qu'aux autres… Songez-y.

Et en ces temps de J.O., c'est la médaille en chocolat, dans les catégories Humanité et Fraternité, que je vous attribuerai.

Alors sachez que "je fera ça que je voudra"… Quand je le voudrai … Quand je déciderai que ce sera mon heure…

Janine Thombrau Républicaine et fière de l'être !"




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annie 01/09/2008 22:15

Complètement d'accord avec ton analyse Christine. Légiférer sur une "affaire" tant personelle que naître et mourir ? risqué ! Mais laisser à chacun son espace de liberté

Handi@dy 02/09/2008 21:20


Oui. Mais quand on ne peut plus physiquement, brutalement... Pour ne pas souffrir pendant des années, se retrouver couvert d'escarres atrocement douloureuses et
horribles, si on ne peut plus parler ni bouger... Pas facile! La loi dans ce domaine risque de permettre l'eugénisme. BIZ


Petit Page 28/08/2008 17:10

Le Petit Page se dit qu'il serait temps qu'il montre son haïku chez Poupette, en cette fin d'après-midi ensoleillé...               Mon âmeplonge dans l'eau et ressort          avec le cormoran                                          OnitsuraGros Bisous Poupette!!!Le Petit Page, qui part à la pêche aux petits mots, avec son corbeau...

Handi@dy 02/09/2008 21:00


Belle pêche! Très beau cul...haiku! Je n'ai toujours pas posté ma japonaiserie pfff! BIZ et merci de passer
encore!


christine 28/08/2008 15:46

Salut AdyPas répondu tout de suite à cet article car j'ai beaucoup de mal à me situer. Evidemment, je comprends et adhère totalement à la demande de mourir dans la dignité. Par contre, l'idée de légiférer en la matière me dérange beaucoup par peur que l'euthanasie se transforme en eugénisme... vieux relent puant du nazisme, ce n'est pas à toi que j'en apprendrai sur le sujet. Alors, rester dans l'hypocrisie, comme dit Cat... Et puis il y a un monde entre le patient en fin de vie à qui un médecin administre une dose augmentée de morphine (ce qui se fait assez couramment et c'est bien) - et la personne handicapée qui voit son autonomie décliner, ne peut plus le supporter et réclame une assistance au suicide.

Handi@dy 02/09/2008 20:59


J'ai un petit peu la même réaction quand je vais bien. Mais je suis passée par des moments proches de la mort et ai changé de sujet...enfin presque. On en
reparlera. Merci d'avoir abordé le sujet, la question! C'est très complexe! BIZ


cat 28/08/2008 06:58

oui c'est un droit humain de partir dans la dignitétu me fais penser que je n'ai toujours pas fait ma lettre dans mon porte feuille pour le refus d'acharnement thérapeutique et de réanimation à l'excès si j'avais u accident ou autre.une décision que j'ai prise et expliqué à ma mère et à mon entourage. c'est un droit et un choix. je suis pour une loi qui autoriserait ce genre de chose, le droit de mourir dans la diginitémais tu sais ma belle Handy, les médecins contournent cette non loi. les personnes âgées sont aidées à partir par augmentation des doses de morphines  ... quand cela devient trop dur pour tout le monde ... et que le maintien en vie ne sert plus à rien ... je trouve notre société bien hypocrite sur ce sujet.bisous bisous ma belle

Handi@dy 02/09/2008 20:57


C'est clair chère CAT. J'en reparlerai le moment venu pour moi... De mettre mes mots.
On ne s'est pas acharné sur ma meilleure amie il y a quelques années. on a poussé sa dose de morphine et elle s'est endormie, est partie en paix... Je sais que c'est le cas dans la plupart des
services.
Mais là il est question de personnes incapables de partir, trop handicapées, voire incapables de parler... Et potentiellement insensibles à la morphine. On en reparlera. En tout cas, merci pour ta
contribution très perso! BIZ