S'ASSURER QUAND ON A UNE LONGUE MALADIE OU UN HANDICAP.

Publié le par Handi@dy

Pour investir dans l'imprévisible (sur LE DEVOIR.COM)

«La maladie est une réalité, y survivre aussi.» Le ton du CD est donné -- on parle d'un CD de 13 minutes ayant pour thème ce qu'il peut en coûter de survivre à la maladie. Un CD sans prétention, qui aborde la réalité de Lyne, d'Érick et de Gisèle sans se perdre dans le mélodrame. L'auteur de L'Impré«vie»sible est Marco Madon, un représentant en épargne collective, et Lyne est sa soeur. Le conseiller financier s'en veut encore de n'avoir eu d'intérêt que pour le placement, d'avoir craint de porter l'étiquette de «vendeur d'assurances», avant que le diagnostic de sclérose en plaques n'entre dans la vie de sa soeur.

Avec L'Impré«vie»sible, Marco Madon veut conscientiser. Il veut sensibiliser ses pairs à ce titre, celui de conseiller en sécurité financière, qui trouve sa véritable signification ou sa pleine portée lorsqu'on souligne le mot «sécurité». Ce faisant, il souhaite alimenter la réflexion sur les produits d'assurance du type maladies graves et soins prolongés et leur pertinence dans une approche portefeuille.


Et pourquoi pas, du même souffle, proposer l'idée d'un crédit d'impôt ou d'un stimulant fiscal appuyant le recours à ce type de protection? «Je ne fais que lancer l'idée. Mais je crois qu'on pourrait soutenir, par l'intermédiaire d'un allégement fiscal, l'investissement dans ce type de protection. Je pense notamment à l'assurance pour soins prolongés, qui pourrait très bien bénéficier d'un crédit d'impôt.» Marco Madon se défend d'alimenter le discours des promoteurs de la privatisation des soins de santé. «Au contraire, ce type d'investissement s'inscrit en appui au régime public. Il vient laisser plus d'argent au système public de santé. La personne en perte d'autonomie qui reçoit de l'aide financée à même son assurance pour pouvoir demeurer à domicile ne puise pas dans les ressources du CLSC ou du CHSLD.»

Mais cette réflexion et cet argumentaire ne sont que le deuxième objectif derrière la production de ce CD. Le premier est la conscientisation des conseillers financiers, et du public au sens large, aux produits d'assurance pour maladies graves et pour soins prolongés. «Vous n'avez pas idée de la différence qu'un 1000 $ par mois peut faire!», lance-t-il.

Dans le court métrage, Lyne parle du stress financier qui est rapidement apparu après le choc initial du diagnostic de sclérose en plaques. Du strict point de vue des médicaments à prendre, les prescriptions non couvertes, à 120 $ par mois au départ, sont passées depuis à 360 $ par mois après les ajustements de dosage. «Quand on n'a pas cette somme, on doit se priver.» Le stress financier ajoute au problème.

«À 40 ans, on ne pense pas qu'on ne retournera plus sur le marché du travail», dit-elle. Sans protection d'assurance, et s'il y a perte accrue d'autonomie, «il me reste l'aide de la famille. Ou les systèmes publics».

Érik enchaîne. Préposé aux bénéficiaires à l'emploi d'un CHSLD, il dresse un sombre constat du système de santé, sans vouloir le critiquer. La réalité est qu'à ses débuts dans le métier, «nous pouvions faire trois ou quatre bains par jour. Nous avions le temps de répondre au besoin d'écoute des bénéficiaires. Aujourd'hui, nous faisons entre 9 et 12 bains en un seul avant-midi. C'est devenu un travail à la chaîne.» Le personnel est professionnel et impliqué, mais les ressources sont tout simplement insuffisantes. Et la phrase secoue: «Je ne connais pas un employé qui voudrait être un client.»

Gisèle acquiesce. Âgée de 73 ans, elle était protégée par une assurance pour perte d'autonomie depuis deux ans. Atteinte d'arthrose, devenue semi-autonome, elle a pu choisir un endroit de résidence qui lui plaît et s'entourer des soins que son état requiert. Et s'il y a perte plus sévère d'autonomie, un étage de la résidence peut l'accueillir. Elle n'aura pas à changer d'environnement. «Tout le stress est parti.»

Le conseiller à l'emploi de Partenaire-conseils, Groupe financier voit désormais l'assurance comme un placement, un investissement. Il insiste également sur cette confusion entre assurances pour maladies graves et perte d'autonomie, et les assurances-salaire du type invalidité, que le conseiller se doit de dissiper. Et sur l'approche globale dans l'analyse des besoins du client. «Un plan d'assurance existe pour chaque cas. Et avec l'option de garantie de remboursement de prime, tout ce que l'on risque, c'est une perte de rendement.»

Le CD n'est pas une longue annonce publicitaire vantant les mérites des assurances pour maladies graves et pour soins prolongés. C'est un outil de sensibilisation, de conscientisation. Aux conseillers et aux institutions qui veulent l'utiliser, Marco Madon demande qu'un don soit versé directement à la Société canadienne de la sclérose en plaques. «Lorsqu'une maladie frappe, la vie bascule. L'impact financier est énorme. Sans assurance, c'est le décaissement d'actif qui en résulte. Et même si la personne décide de s'en remettre au système public, n'oublions pas ces nombreux et longs délais d'attente. Que fait cette personne pendant ce temps?», demande-t-il.

«Assurance pour maladies graves et soins prolongés: trop cher de s'en passer... » (voir la chronique publiée dans Le Devoir le 26 avril 2008).

***MON GRAIN DE SEL: n'ayant pas les moyens  de souscrire à une assurance vie ou autre classique qui exige un questionnaire de santé et exclut d'emblée les malades et handicapés, je me suis informée dans le milieu du handicap.
en France, il existe un moyen d'épargner pour soi, de mettre de l'argent de côté facilement accessible: INTEGRANCE. (qui finance et organise chaque année le Prix Handilivres aussi). J'ai demandé il y a 2 ans à ce que quelqu'un de la société passe m'expliquer. Le dépliant info, je l'ai découvert à mon APF. Plusieurs membres du groupe SEP cotisent à cette assurance. Le type m'a expliqué que, devant l'absence d'assurance ou de possibilité pour les handis d'épargner tout en pouvant accéder rapidement au pécule en cas de besoin, INTEGRANCE a été créée par des handis et parents de handis.

Le pécule peut servir pour l'achat d'un fauteuil neuf, des travaux, ceque vous voulez, mais aussi, en cas d'hospitalisation permanente en institution si l'on ne peut rester seul:
à garder une somme disponible à laquelle personne ne peut toucher, pas même pour financer la place en institution ou en maison de retraite (adaptée ou non!)!
C'est capital, ne serait-ce que pour avoir un argent de poche pour des livres, DVD, CD, du chocolat ou autre, une sortie loisirs avec le GIHP, ds cadeaux pour les proches. Car souvent dans les maisons de retraite ou autres, on met la main sur tous les biens, comptes de la personne pour financer son hébergement. Or, là, pas possible, à moins que la personne le demande!

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cat 30/06/2008 13:53

il y a un an j'ai pris une assurance solidaire au cas où il m'arrive une tuile chez moi ... vu que je suis seule.cette assurance couvrira les frais d'aide ménagère ... et dans le pire des cas ... les formalités en cas de décès ...je n'y avais jamais pensé ... parce que bon ... mais si en faisant ma peinture je m'étale la tronche ... que je me trouve immobiliser pendant deux mois ou plus ... ou handicapée ... va savoir ... cette assurance me couvre, et paiera ma perte de salaire ....en même temps, j'espère ne jamais en avoir besoin ;)bisous