Enfin pour moi qui avais la vocation et la passion de mon métier!
Alors à chaque problème ou stress important, un mécanisme de défense inconscient se met en marche (lire ce qui l'a déclenché, de l'abus au désordre alimentaire). Depuis peu, je contrôle le truc, grâce à ma longue hospi pour les escarres où j'en ai profité pour maigrir (voir archives de octobre à décembre). Je suis partie de très loin, ai perdu 31 kg et me voyais, optiquement, ronde mais acceptable. "Grosso" modo!
Au retour de la manif, en découvrant les photos, je ne me reconnais pas. Choc. Décalage classique entre l'image intérieure et la réalité. Comme tous ceux qui sont dans mon cas, je ne me vois pas comme je suis dans un miroir. Ca craint. Pire, les photos que je prends avec mon mobile sont trompeuses: elles ne me me montrent pas telle que je suis, je n'y comprends rien! Sur les photos, je suis pas mal, mais en réalité ou sur les photos prises par d'autres, je suis énorme. Inacceptable à mes yeux. J'ai donc craqué en réalisant cela... Les anorexiques se voient obèses. Moi, je me vois avec le regard des gens qui m'entourent et m'aiment: plus svelte! Truc de ouf! Alors quand la réalité me montre autre chose, je m'effondre.
Mais comme je ne suis plus dans une logique d'auto-destruction, je me suis vite ressaisie, ouf! Alors quand l'aide aux loisirs a regardé sur la balance-plateau et lu avec moi le poids et l'évidence: +1,100 kg, ce n'était pas bien grave, beaucoup de personnes ont un kilo en plus ou en moins en cours de journée. En plus, mon ampoule rectale était pleine et ma couche déjà imbibée d'urine, ça pèse...
Bonne nouvelle en fait. J'ai limité les dégâts et géré les écarts accumulés. Mais ça me plombe gravement vu le contexte. J'ai eu honte, rétrospectivement, d'être venue à la manif. Ce n'est pas rationnel, je suis dans le ressenti profond de mon passé d'abusée là. Mon image de moi est détruite, il faut que je la reconstruise. Que j'arrache les complexes. Finalement, moi non plus je ne me laisse pas leurrer par les apparences. J'ai démonté bien des mystifications en ne me fiant pas à l'image mais en m'attachant à la personne intérieure. En confectionnant le blog souvenir NPNS, je n'ai censuré aucune image. D'autres se rajouteront même. J'ai décidé d'assumer mon image naze et la réalité, même si elle me plonge dans la dépression (pour cela que je vais mal en plus des soucis de santé et que la neuropsy est passée la semaine dernière). Je travaille à trouver une porte de sortie gérable. Le SAMSAH me suit, la toub a peur que je me suicide, à cause des suicides de tiers qui m'ont plombée l'été dernier. Elle se trompe. Je ne suis pas candidate. Je vais m'accrocher. Tant qu'on a des choses à donner et qu'on ne soufffre pas trop, on reste. Les autres ont trop souffert sur le plan psy. Moi, j'ai la chance d'avoir un mental intact et des amis. Alors on donne. Je me cramponne à la vie malgré de lourds handicaps. Je sais que ceux qui me lisent voient au-delà d'une apparence. Ce que je suis au fond de moi. C'est là qu'est la vraie ADRIENNE, Handi@dy.
par Handi@dy
publié dans :
Chez mon psy


































